Quand la compétition engendre la coopération

Quand la compétition engendre la coopération

Pour la troisième année consécutive, pionniers et caravelles (14-17ans) des groupes Scouts et Guides De France du territoire ouest de l’Essonne se sont rencontrés pour un tournoi de thèque aussi disputé que jubilatoire. Une compétition dont tous les groupes devaient une nouvelle fois sortir gagnants, non pas aux points – qui s’en soucie vraiment ? – Mais pour les liens inter-groupes resserrés et la dynamique de territoire confortée par cette compétition pour rire.

Huit visages pour un territoire

Déjà 10 heures et il fait encore frais sous les grands arbres du parc d’Arny, sur la commune de Bruyères-le-Châtel, en Essonne. Dans un instant sera donné le coup d’envoi de la 3e édition du tournoi de thèque intergroupes, qui doit voir se mesurer les équipes caravelles-pionniers des 8 groupes du territoire Ouessonne : Arpajon, Brétigny, Dourdan, Massy, Orsay 1 et 2, Palaiseau et Les Ulis. Les noms des communes mettent en avant la diversité du territoire, entre villes nouvelles, anciennes cités industrielles, campus universitaires et villages ruraux. Une diversité à l’image des jeunes de toutes origines sociales, unifiés par leur chemise rouge, qui s’affairent en grappes autour des tentes et d’un feu moribond.

La thèque, qu’est-ce que c’est ?

La thèque — ou tèque, l’orthographe n’est pas fixée, est un étrange jeu originaire de Normandie où elle aurait été importée par les envahisseurs Danois lors des invasions médiévales.

Le principe, en bref : le lanceur de l’équipe en attaque projette une balle vers le batteur de l’équipe en défense, qui renvoie celle-ci le plus loin possible. Dès la balle frappée le batteur s’élance faire le tour du terrain, pendant que les membres de l’équipe adverse s’efforcent de rapporter la balle au lanceur immobile, ce qui interrompt la course du batteur. Puis on inverse les rôles.

Inventivité, sportivité, hilarité

Passons sur les détails de la règle officielle, pour s’intéresser aux subtilités de sa variante scoute, sous-variante ouessonienne : équipes à géométrie variable selon l’importance des groupes, mixtes bien sûr et, en principe, en parité, mêlant 1ères, 2e et 3e années de façon équilibrée ou non, selon que prime l’esprit de fair-play ou celui de la gagne.

Certaines équipes ont opté pour une batte de cricket ou de base-ball homologuée. D’autres utilisent une batte de fabrication maison ou encore un simple gourdin. Une équipe propose une raquette de tennis mais l’engin, dont la portée atteint l’étang, est disqualifié après plusieurs essais aquatiques. Naturellement, pour garantir un minimum d’équité, les équipes en lice doivent utiliser le même équipement.

Aussi fantasques soient les règles, avec changements à vue en cours d’épreuve selon le principe d’adaptabilité propre aux SGDF, la compétition se déroule avec un enthousiasme croissant au fur et à mesure que s’écoule la matinée. Vers midi, quand le soleil fait enfin son apparition, l’enregistrement des scores se révèle de plus en plus fantaisiste pour faire place à la ferveur échevelée de tout grand jeu scout digne de ce nom.

Et la mayonnaise prend…

L’objectif de la rencontre est manifestement atteint. Il ne s’agissait bien sûr pas tant de confronter les tactiques de jeu ou les qualités sportives des différentes équipes, que de provoquer une dynamique de territoire inter-groupes et favoriser les échanges entre les maîtrises de groupes hétérogènes disséminés sur un vaste territoire. Une initiative qui exige non seulement une organisation sans faille, mais surtout un travail au long cours afin de créer une émulation ainsi que l’envie de rencontrer des jeunes de groupes voisins ou plus éloignés.

Cette rencontre illustre tout à fait la logique du rassemblement Clameurs qui aura lieu cet été, où les unités Pionniers-Caravelles (14-17 ans), venant de toute la France, se réunissent pour vivre du scoutisme autour d’une thématique commune. Pour en savoir plus sur ces camps inter-groupes, cliques sur le bouton ci-dessous