Mayotte : reprendre le scoutisme petit à petit

Mayotte : reprendre le scoutisme petit à petit

Le 14 décembre 2024, le Cyclone Chido a ravagé l’île de Mayotte. Trois mois après cette catastrophe naturelle, qui a impacté la vie des Mahorais et des Mahoraises, Claire Cardet, Déléguée Territoriale Scouts et Guides De France (SGDF) à Mayotte, témoigne de la reprise du scoutisme et des activités sur l’île. Touchée par de nombreux messages de soutien à la suite du cyclone, elle tient également à remercier l’ensemble du mouvement, au nom du groupe et du territoire de Mayotte

Pourrais-tu nous dire en quelques mots, à quoi ressemble le scoutisme à Mayotte ?

Le scoutisme à Mayotte est toujours en construction et en renouvellement. Avec les arrivées et les départs des personnes venant de métropole, nos effectifs fluctuent chaque année. Au sein du territoire nous avons un groupe, avec des bénévoles, des chefs et des cheftaines très investis pour promouvoir le scoutisme et le guidisme sur l’île !

Comment le cyclone Chido a-t-il impacté les activités de scoutisme sur ce territoire ? Comment se passe la reprise du scoutisme sur l’île ?

Le cyclone a eu lieu à la veille des vacances scolaires. L’île a été complètement ravagée. Donc avant de parler de reprise du scoutisme, il fallait savoir si tout le monde avait survécu ! Heureusement, on a pu reprendre contact avec nos chefs, cheftaines et tous nos jeunes. Dans un premier temps, on a pu prendre de leurs nouvelles, leur demander comment ils allaient. Ensuite, on a pu évoquer avec eux comment ils imaginaient le scoutisme de demain, sur Mayotte.

Reprendre contact avec les chefs et les cheftaines a été moment fort et très intense. Ça leur a vraiment fait du bien de retrouver les activités scoutes et guides, car cela leur permettait de s’évader d’une réalité difficile où le scoutisme offrait des moments suspendus.

Fin février, on a pu faire notre premier week-end avec les jeunes. En les recensant, on s’est rendu compte que la moitié d’entre eux était partie, la plupart étant retournés en France métropolitaine. On a donc dû refaire de la communication pour recruter. Ça a plutôt bien marché, car il y a eu pas mal d’inscriptions de nouveaux jeunes. Pour l’année 2025, on va essayer de proposer une activité de groupe par mois afin de recréer du lien avec les jeunes.

Pourquoi c’est important de continuer à avoir des mouvements d’éducation populaire et de jeunesse sur Mayotte ?

Aujourd’hui, la plupart des jeunes inscrits au sein de notre territoire viennent de métropole. L’enjeu est de pouvoir rendre accessible le scoutisme à une majorité de jeunes et pouvoir avoir plus de mixité sociale. Avec une île où 75% de la population a moins de 25 ans, dans une réalité sociale parfois tendue, le scoutisme peut apporter de la cohésion sociale et de la paix, dans un territoire qui en a plus que jamais besoin.

Ce qui est intéressant, c’est que l’ouverture proposée par le scoutisme et les SGDF, permet de vivre un partage qui est très enrichissant. Sur notre territoire, il y a un mélange qui nous fait dire que le vivre-ensemble, c’est possible ! Quand on discute avec les chefs et cheftaines, ils témoignent que, ce qu’ils vivent avec le scoutisme, ils ne le vivent nulle part ailleurs. Ces moments de responsabilisation, d’autonomisation, de mise en valeur des capacités de chacun et chacune, leur donnent confiance en eux !

Un message à faire passer ?

Juste après le cyclone Chido, on a eu de multiples messages de soutien, que ce soit de la part de l’échelon national, des territoires, des groupes. On a eu des prières, des collectes de dons… Quelle soit financière, affective, émotionnelle, il y a eu une grosse mobilisation des Scouts et Guides De France. C’est très important pour nous, le territoire et le groupe de Mayotte, de remercier sincèrement toute la famille SGDF ! Avec ce mouvement, nous savons que nous ne sommes pas tout seul face à l’adversité et qu’en cas de besoins, il y a toute une communauté qui peut se mobiliser. Tous ces messages ont été très précieux pour nous aider à sortir la tête de l’eau et cela nous a beaucoup touchés. Donc, du fond du cœur, un grand MERCI !